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Article Aire+ - Gestion de l'eau sur les chantiers et dans les bâtiments : l'enjeu oublié de la construction durable

Construction durable

Gestion de l'eau sur les chantiers et dans les bâtiments : l'enjeu oublié de la construction durable

Gestion de l'eau sur les chantiers et dans les bâtiments : l'enjeu oublié de la construction durable

Le bâtiment a longtemps concentré ses efforts de durabilité sur l'énergie et le carbone, laissant dans l'ombre un enjeu tout aussi stratégique : la gestion de l'eau. Pourtant, le secteur de la construction pèse lourd dans la consommation nationale de cette ressource, aussi bien pendant la phase chantier qu'au fil de la vie du bâtiment.

Dans un contexte de sécheresses récurrentes et de tensions croissantes sur les nappes phréatiques, réduire l'empreinte hydrique d'un bâtiment n'est plus un geste militant : c'est une exigence qui entre progressivement dans le cadre réglementaire. Le cadre légal s'est assoupli, les solutions techniques existent, et les porteurs de projets qui anticipent ces évolutions prennent une longueur d'avance décisive.

Voici les points clés à retenir pour intégrer la gestion durable de l'eau dans vos projets de construction ou de rénovation.

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L'eau dans le bâtiment : un angle mort de la construction durable

La performance carbone et l'efficacité énergétique mobilisent l'attention des maîtres d'ouvrage depuis plusieurs années. L'eau, elle, est restée longtemps dans l'angle mort des stratégies de durabilité.

Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon France Stratégie (2024), la consommation d'eau domestique représente 16% des prélèvements d'eau douce en France, constituant la troisième plus grande allocation de cette ressource. Et selon les données du Ministère de la Santé, la consommation d'eau potable est estimée à près de 148 litres par jour et par habitant en France, majoritairement liée aux sanitaires et aux douches.

Ce volume est en grande partie conditionné par les choix faits à la conception du bâtiment : équipements sanitaires, systèmes de récupération des eaux, perméabilité des sols aménagés. Autrement dit, chaque décision prise en phase de conception a un impact direct et durable sur la consommation hydrique d'un bâtiment pendant toute sa durée d'exploitation.

Un cadre réglementaire en pleine transformation

Longtemps figée, la réglementation sur l'eau dans le bâtiment est entrée depuis 2023 dans une phase d'évolution rapide. Le signal le plus fort a été donné par le Plan Eau présenté en mars 2023, qui fixe des objectifs ambitieux : selon la Banque des Territoires, l'objectif affiché est d'atteindre 10% d'eaux usées retraitées d'ici 2030 (contre moins de 1% actuellement), via le développement de 1 000 projets de réutilisation des eaux non conventionnelles d'ici 2027.

Dans la foulée, le décret et l'arrêté du 12 juillet 2024 ont défini un nouveau cadre applicable aux bâtiments, lieux ouverts au public, établissements recevant du public, lieux de travail et bâtiments d'habitation. Ce texte remplace l'arrêté de 2008, jugé trop restrictif, et simplifie considérablement les conditions d'utilisation des eaux non potables (eaux de pluie, eaux grises) pour des usages non alimentaires.

Du côté de la RE2020, la dynamique est identique. Selon Maddyness (2026), la réglementation intègre depuis 2022 l'IcEau, un indicateur de consommation d'eau par logement et par habitant, encore informatif aujourd'hui mais qui pourrait devenir un seuil contraignant dès 2028. Et au-delà, selon le Ministère de la Transition écologique, les acteurs du bâtiment préparent avec l'exécutif l'après-RE2020, avec à l'étude la prise en compte de la gestion durable de l'eau, de l'économie circulaire et de la biodiversité à l'horizon 2030.

Pour les porteurs de projets, le message est clair : anticiper ces évolutions dès la phase de conception devient un avantage concurrentiel, pas une contrainte supplémentaire.

La consommation d'eau sur chantier : un levier souvent négligé

Avant même que le bâtiment soit livré, sa construction génère une consommation d'eau significative. Ce sujet reste peu documenté dans les démarches durabilité, alors qu'il représente un levier concret d'amélioration.

D'après une étude FFB Pays de Loire (2023), le nettoyage des façades en rénovation consomme 30 litres par m², soit 2,43 millions de m³ à l'échelle nationale ; l'hydratation des supports (neuf et rénovation) représente 3 litres par m², soit 450 000 m³ supplémentaires. Des volumes qui peuvent être significativement réduits grâce à des techniques alternatives et au recyclage des eaux de chantier.

En pratique, plusieurs mesures sont accessibles dès aujourd'hui :

  • Récupérer et recycler les eaux résiduelles issues de la fabrication du béton, après décantation
  • Recourir à des techniques de nettoyage de façades sans eau ou à très faible consommation
  • Mettre en place un plan de sobriété hydrique du chantier, en amont de la phase travaux
  • Collecter les eaux de pluie tombant sur l'emprise du chantier pour les usages non potables

Ces pratiques réduisent l'impact environnemental du chantier et anticipent les arrêtés préfectoraux de restriction qui se multiplient lors des périodes de sécheresse.

Eaux pluviales et eaux grises : valoriser ce qui part à l'égout

La conception du bâtiment elle-même offre des leviers puissants pour réduire la dépendance à l'eau potable. Deux sources méritent une attention particulière : les eaux pluviales et les eaux grises.

Selon Maddyness (2026), le principe des Eaux Non Conventionnelles (ENC) repose sur la collecte des eaux pluviales en toiture et la récupération des eaux grises (douches, lavabos, machines à laver), traitées à l'échelle du bâtiment et redistribuées pour les usages ne nécessitant pas de potabilité. Alimentation des chasses d'eau, nettoyage des sols, arrosage des espaces verts : les usages compatibles sont nombreux, en particulier dans les bâtiments tertiaires, industriels ou de santé.

Le décret du 12 juillet 2024 ouvre la voie à ces pratiques en simplifiant les démarches administratives. Le Plan Eau prévoit d'accompagner ce développement grâce à des aides des agences de l'eau, dont les budgets ont été augmentés de 475 millions d'euros par an.

Intégrer ces systèmes dès la phase de conception est nettement plus efficace et moins coûteux qu'une mise en conformité ultérieure. C'est précisément à ce stade que les choix structurants (dimensionnement des cuves, séparation des réseaux intérieurs, traitement des eaux grises) peuvent être faits sans surcoût excessif.

Perméabilité des sols et gestion des eaux pluviales à la parcelle

L'imperméabilisation des sols est une conséquence directe de l'acte de construire. Parkings bétonnés, voiries intérieures, surfaces imperméables : chaque mètre carré construit réduit la capacité du sol à absorber les précipitations. Selon le Service de la donnée et des études statistiques (SDES), l'artificialisation des sols altère durablement la capacité des sols à stocker du carbone et à retenir les eaux de pluie.

La gestion des eaux pluviales à la parcelle est pourtant une réponse directe à ce problème. Elle consiste à traiter les eaux de pluie là où elles tombent, plutôt que de les rejeter dans le réseau collectif saturé lors des épisodes intenses. Plusieurs solutions s'offrent aux maîtres d'ouvrage :

  • Toitures végétalisées, qui absorbent et retardent les ruissellements
  • Noues et fossés enherbés autour des bâtiments, pour infiltrer progressivement
  • Pavés drainants ou revêtements poreux sur les aires de stationnement
  • Bassins de rétention intégrés au projet paysager

Ces solutions fondées sur la nature sont encouragées par les agences de l'eau et s'articulent naturellement avec les démarches de certification environnementale (HQE, BREEAM). Pour les bâtiments industriels ou commerciaux avec de grandes emprises au sol, elles représentent un levier de conformité réglementaire croissant. Vous pouvez retrouver d'autres pistes pour concevoir des projets plus durables dans notre article sur la performance énergétique et les matériaux bas carbone.

Équipements hydro-économes : agir à la conception pour réduire les charges d'exploitation

Au-delà des systèmes de récupération, les équipements sanitaires installés dans le bâtiment conditionnent directement les consommations d'eau au quotidien. Un robinet mal calibré, une chasse d'eau surdimensionnée ou une installation sans régulation : ces détails techniques ont un impact cumulé considérable sur la durée de vie du bâtiment.

Le Ministère de la Transition écologique identifie plusieurs niveaux d'action complémentaires. Un premier niveau, accessible sans investissement lourd, repose sur les seuls équipements hydro-économes : pommeaux de douche à débit limité, WC double chasse (3/6 litres), mitigeurs régulateurs de débit. Un second niveau implique des systèmes de récupération d'eaux non conventionnelles, pour les projets souhaitant aller plus loin.

Pour les bâtiments tertiaires, de santé ou d'hôtellerie-restauration, la part de la facture eau dans les charges d'exploitation est loin d'être négligeable. Réduire cette consommation à la source, dès la conception, est une décision économiquement rationnelle, en plus d'être responsable. Les équipes Aire+ intègrent systématiquement cette dimension dans l'analyse des projets, en lien avec les bureaux d'études fluides.

Conclusion : l'eau, prochain grand chantier de la construction durable

Longtemps reléguée au second plan derrière l'énergie et le carbone, la gestion de l'eau s'impose désormais comme un enjeu à part entière de la construction durable. La réglementation évolue rapidement, les indicateurs deviennent progressivement contraignants, et les solutions techniques sont disponibles et économiquement accessibles.

Pour les maîtres d'ouvrage qui portent des projets de construction neuve ou de rénovation, l'enjeu est de ne pas attendre que ces exigences deviennent obligatoires pour agir. Anticiper la sobriété hydrique, c'est maîtriser ses charges d'exploitation futures, valoriser son actif immobilier et se conformer sereinement aux futures réglementations Cap 2030.

En tant que contractant général, les équipes Aire+ accompagnent leurs clients dans cette réflexion dès la phase amont des projets : choix des équipements, intégration des systèmes de récupération d'eau, gestion des eaux pluviales à la parcelle. Pour aller plus loin sur votre projet, contactez nos équipes.

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