Comment intégrer le réemploi dès la phase de conception d’un site industriel ?
Le réemploi des matériaux offre de nombreux avantages dans le secteur du BTP. Il permet notamment de limiter les déchets, de réduire l’empreinte carbone ou encore de préserver les ressources naturelles. Mais comment faire en sorte d’intégrer le réemploi lors de la conception d’un site industriel ?
Concevoir un site industriel, c’est créer des plans, c’est trouver des matériaux performants, c’est programmer, prévoir et anticiper. Un expert du réemploi est un partenaire performant capable de mener un tel projet. Analyse des gisements, méthodes de conception, anticipation et suivi du budget, cet expert offre une vision globale. Explications.

L’état des lieux des gisements
Dans le secteur du BTP, grâce au réemploi, les déchets se transforment en gisements. Pour intégrer le réemploi dès la phase de conception d’un
site industriel, il est indispensable de réaliser un état des lieux des gisements. C’est une analyse du potentiel de réemploi disponible. On parle alors de gisements in-situ, de gisements ex-situ ou d’approvisionnement extérieur.
Gisement in-situ et déconstruction
Le gisement in-situ est utilisé lors d’un chantier de rénovation. Un audit ou un inventaire des ressources et des matériaux présents sur place est réalisé. Un processus global est mis en place lors de la déconstruction. Il faut prévoir le démontage, le nettoyage, le stockage, etc. Le réemploi prolonge la durée de vie des matériaux. Il leur offre un nouvel usage, mais à condition que le matériau dispose encore de critères techniques suffisants.
Gisement ex-situ
Le gisement ex-situ correspond à des gisements qui proviennent d’autres sites. Les matériaux sont déplacés pour être réutilisés. Ces autres sites peuvent notamment concerner d’autres chantiers gérés par le maître d’œuvre ou l’architecte. Comme pour le gisement in-situ, les matériaux subissent plusieurs phases : démontage, récupération, analyse, rénovation et transport.
Approvisionnement extérieur
Si les matériaux ne viennent pas du chantier de déconstruction ou d’autres chantiers de l’entreprise, il est possible de se tourner vers une autre source d’approvisionnement. C’est l’approvisionnement extérieur. Dans ce cas, les ressources et les matériaux proviennent de différentes sources, comme des plateformes en ligne ou des entreprises locales spécialisées dans le réemploi. Cette dernière solution favorise l’économie circulaire.
Le diagnostic PEMD
Le
diagnostic PEMD (Produits, Équipements, Matériaux et Déchets) a été mis en place afin de privilégier et de faciliter le réemploi et la valorisation des produits et des déchets. Ce diagnostic est un outil essentiel qui permet de qualifier et de quantifier les gisements disponibles. Il est utilisé dans le cadre d’un projet de rénovation ou de démolition. Réaliser le diagnostic PEMD est une
obligation réglementaire pour le maître d’ouvrage dans deux cas, à savoir :
• La surface cumulée de plancher du bâtiment est supérieure à 1 000 m² ;
• Le bâtiment a accueilli une activité agricole, commerciale ou industrielle avec utilisation, stockage, fabrication ou distribution d’une ou plusieurs substances classées dangereuses selon l’article R. 4411-6 du Code du travail.
2 techniques de conception pour l’intégration du réemploi
Lors de la phase de conception d’un site industriel, l’architecte peut adopter deux techniques différentes. La première consiste à
concevoir le bâtiment à partir des gisements connus. Entreprises locales, économie circulaire ou gisements provenant d’un projet de démolition, l’architecte sait de quels matériaux de réemploi il peut disposer. Il conçoit donc son plan avec ces matériaux.
L’autre technique consiste à intégrer des possibilités de réemploi. L’architecte indique lors de cette phase de conception les matériaux de réemploi qui pourraient être utilisés en remplacement de matériaux neufs.
Connaissance des matériaux et des prix liés au réemploi
Intégrer le réemploi dès la phase de conception d’un site industriel nécessite une connaissance très fine des matériaux de réemploi. Cette expertise est indispensable pour plusieurs raisons.
Les opportunités de réemploi
En étant expert en réemploi, l’architecte peut déterminer toutes les opportunités de réemploi. Analyse des matériaux issus de la déconstruction, critères de sélection des matières premières ou encore réutilisation du bois, de nombreuses informations et données doivent être maîtrisées dans le cadre d’un projet de réemploi.
L’anticipation et la gestion globale du projet
Le réemploi nécessite de faire preuve d’anticipation sur un projet de construction ou de rénovation d’un site industriel. Par exemple, il faut être en mesure d’
anticiper d’éventuels délais supplémentaires liés à l’approvisionnement en matériaux de réemploi.
Dans le cadre d’une déconstruction, il faut intégrer un délai supplémentaire pour la préparation de chaque matériau déposé. Du bois, du béton ou encore des briques sont des éléments qui peuvent provenir de la déconstruction. Mais ces ressources doivent suivre plusieurs étapes avant d’être de nouveau disponibles pour des travaux.
Faire preuve d’anticipation, c’est aussi prévoir que des matériaux de réemploi arrivent abimés. Le potentiel de construction est alors remis en question et il faut mettre en place une solution de remplacement. Si cela n’est pas anticipé au moment de la conception, cela peut causer d’importants retards sur le chantier.
Le prix d’une conception qui intègre le réemploi
Enfin, il faut savoir que les matériaux de réemploi peuvent faire varier le prix global du projet. Cette variation peut être positive ou négative. L’architecte tient compte de ces informations concernant le prix pour présenter le
coût global du projet.
Avant de pouvoir réemployer des matériaux et des ressources dans de nouveaux projets, il faut les extraire, les nettoyer, les acheminer ou encore vérifier leurs capacités et leurs critères techniques. Ces différentes étapes représentent un coût réel qu’il faut intégrer dès la phase de conception.
Confier son projet à un architecte expert en réemploi
Nous le voyons, un projet de réemploi ne peut pas s’improviser. Au contraire, il doit être mis en œuvre par un expert du réemploi. Sur un projet de rénovation ou de construction, il peut s’agir de l’architecte. Le maître d’œuvre et le BET réemploi, bureau d’études techniques, sont deux autres interlocuteurs pouvant développer un projet de réemploi dans le secteur du BTP. Mais, au final, c’est l’
architecte qui prend la décision d’intégrer les matériaux de réemploi.
En tant qu’expert du réemploi, l’architecte devient la personne référente sur le projet de construction ou de rénovation. Sa connaissance du réemploi permet de faire preuve d’anticipation dès la phase de conception d’un site industriel. De plus, il dispose d’une vision globale et permet de développer une véritable collaboration entre les différents acteurs. Pour être efficace et performant, confiez votre projet à un contractant général du bâtiment spécialisé dans le réemploi.
Chez Aire+, nous mettons tout en œuvre pour favoriser le réemploi et l’économie circulaire. Notre expertise et notre savoir-faire nous permettent d’intégrer le réemploi dès la phase de conception d’un site industriel, tout en répondant à vos objectifs et en respectant votre budget.